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UEEH
Universités d’Été Euroméditerranéennes des Homosexualités / Rencontres LesBiGayTransQueerIntersexe

Universités d’Été Euroméditerranéennes des Homosexualités / Rencontres LesBiGayTransQueerIntersexe

THEME / APPEL A PROJET 2019

40 ANS DES UEEH : MÉMOIRES, VISBILITÉ/INVISIBILITÉ DE NOS IDENTITÉS, A QUOI SERVENT NOS LUTTES LGBTQI ?

« Il y a quelques temps, j’ai posé cette question à Silvia Rivera, dragqueen, portoricaine, et combattante de Stonewall. Je lui ai demandé : « Est-ce que vous luttiez contre les violences policières ? Est-ce que vous vous battiez contre le racisme ? Ou pour votre droit à être gay ? Avez-vous riposté parce que la majorité des drag queens ne pouvaient pas présenter l’ordre d’incorporation dans l’armée que les agents du gouvernement réclamaient cette nuit-là ? Ou parce que tant d’entre vous étaient sans logement, crevaient de faim et étaient en danger dans les rues ? » Sylvia m’a répondu, d’un ton calme et solennel : « nous nous battions pour nos vies. »
Leslie Feinberg, In the Spirit of Stonewall

28 juin 1969, Greenwich Village, New York.
Suite à une descente de la police dans le bar le Stonewall In, bar tenu par la mafia et fréquenté par celles et ceux qui ne rentrent nulle part ailleurs : drag queens, hommes et femmes trans, personnes non blanches, jeunes, pauvres, travailleur·euses du sexe. Une émeute éclate entre 4000 personnes et 200 policiers. C’est pour commémorer ces affrontements qui dureront plusieurs jours, et continuer le combat, que furent
organisées les premières Pride en 1970.

Juillet 2019, 40e année des UEEH
Ces dernières années, de plus en plus de personnes viennent aux UEEH, les Universités d’Eté Euro-méditerranéennes des Homosexualités, rencontres féministes InterLesBiGayTransAsexQueer. Ce moment, riche de ses participant.es, permet de mettre en avant nos différences de contextes, les réalités multiples de nos vies, d’interroger nos parcours, nos corps en tant que sujets politiques. Il permet de
modifier notre appréhension du monde à travers le conflit et l’apprentissage, de trouver de l’écho sous la peau de l’autre. Nos corps et nos vies ne sont pas traversées par les mêmes oppressions, parfois on se retrouve à des croisements, parfois on se sent seul·e, parfois on se reflète dans l’autre, on se rejette autant que l’on se touche, parfois nous sommes des milliers en cortège à faire bloc...

Cette année, à l’occasion des 50 ans des émeutes de Stonewall et des 40 ans des UEEH, nous avons souhaité que cette édition nous permette de faire des bilans de nos luttes, de savoir où nous en sommes, ce que nous avons en commun, nos perspectives de résistances. C’est dans cet état d’esprit que nous avons choisi ce thème :

40 ans des UEEH - Mémoires, visibilité et invisibilité de nos identités : à quoi servent nos luttes LGBTQI ?

Des mémoires au renforcement de nos luttes

Nous nous réjouissons que ces rencontres annuelles existent encore 40 ans après la première édition. L’histoire des UEEH est longue et tumultueuse : à l’image de celle des mouvements LGBTQI, elle a connu de nombreux changements, a pris des caps inespérés par certain·es, contestés par d’autres.
L’histoire des UEEH s’est toujours écrite au pluriel et nous aimerions prendre le temps de se la raconter de nouveau, pour mieux nous cerner, mieux nous critiquer, mieux avancer.
Mais nous ne souhaitons pas parler exclusivement des UEEH. Au contraire nous voudrions que cette édition soit l’occasion de faire un bilan de ce que sont nos luttes actuellement, avec toutes les contradictions auxquelles nous faisons face. Nous pensons notamment à la question des rapports de race, depuis le racisme quotidien dans nos espaces de lutte, jusqu’au racisme d’État. Nous pensons également aux reculs vécus par nos communautés en termes de législations et de crimes, dans un contexte mondial de diffusion des idéologies fascistes, du maintien de régimes autoritaires en lien avec l’impérialisme.
Nous pensons aussi à l’utilisation de nos identités à des fins racistes et nationalistes et à nos tentatives de réponses.
Nous souhaiterions également prendre le temps de discuter des formes que nous utilisons pour faire l’expérience de différentes politiques : les mouvements collectifs d’ampleur, l’action directe, les pratiques artistiques, la tendresse radicale, les spiritualités...
Voici quelques questions que nous voudrions nous poser durant cette édition :

  • Sur quelles mémoires avons-nous construit nos luttes ?
  • En quoi nos mémoires sont communes ?
  • Quelles mémoires nous manque-t-il ?
  • Quelles mémoires sont mises en avant au détriment d’autres ?
  • Quels outils du passé pourraient nous servir pour faire face à la situation actuelle ?

(In)visibles
Les questions de visibilité et d’invisibilité prennent une place importante dans nos vies. Elles orientent souvent nos luttes, nos pratiques personnelles autant que collectives.
Elles se répercutent sur les murs de nos villes, de nos campagnes, sur notre présence ou notre absence dans l’espace public et privé, sur nos corps et nos manières de les habiter, sur les codes que nous inventons, les droits que nous arrachons, sur notre façon de toucher l’autre et d’être touché·e par l’autre, de s’aimer et de s’armer.
De plus, la visibilité et l’invisibilité sont des notions qui n’ont pas nécessairement le même sens selon l’endroit où l’on vit et son contexte géopolitique.
Voici de nouveau quelques questions que nous aimerions aborder cette année :

  • Qu’est-ce que nous a apporté - et nous apporte encore - la visibilité ?
  • Qu’est-ce qu’elle nous a enlevé ?
  • Pourquoi lutter pour elle ?
  • Pourquoi certain·es d’entre-nous restent invisibles ?

Utilisation des luttes LGBTQI
Depuis les années 2000, notamment après les attentats du 11 septembre 2001, nous assistons à une légitimation généralisée des discours réactionnaires, sécuritaires. Ils ne sont plus l’apanage de la droite ou de l’extrême droite mais se diffusent dans les différents courants politiques jusqu’à la gauche gouvernementale et institutionnelle, à des degrés divers.
Nous voyons notamment un nombre croissant de pays à la tête desquels se trouvent des dirigeants ouvertement nationalistes, racistes, pour la fermeture des frontières, pour la limitation ou l’interdiction du droit à l’avortement, ou encore l’absence de reconnaissance des violences envers les personnes LGBTQI.
La mise en place de ces idéologies n’impliquent pas les mêmes réponses et résistances. Des Etats, des partis, des capitalistes ou d’autres individus détenant du pouvoir utilisent nos identités en se proclamant pour l’émancipation des personnes LGBTI afin de justifier des politiques mortifères et néo-coloniales.
A l’échelle de nos réseaux militants, nous pouvons observer l’impact de l’idéologie dominante sur nos vies, dans nos comportements quotidiens, qui nous affaiblit et exclut. Nous portons en nous des contradictions en reproduisant à notre échelle des rapports de domination. Nous en subissons les conséquences dans le même temps.
Nous ne croyons pas qu’il puisse exister d’espace safe à proprement parler. Cependant, nous continuons de croire que nous pouvons porter notre volonté d’émancipation collective avec des espaces où les violences sont réduites au maximum. Lorsqu’elles se produisent, nous voulons aussi qu’elles soient à la fois
assumées et réparées au mieux.

L’analyse de la situation actuelle nous mène à poser les questions et défis suivants :

  • Comment faire face au pinkwashing, à l’homonationalisme, au capitalisme rose ?
  • Comment articuler les mouvements LGBTI et les luttes antiracistes, décoloniales et anti-impérialistes ?
  • Comment nos identités sont-elles récupérées pour servir de peinture rose à des discours fascisants ?
  • Quelles responsabilités et quelles alliances peut-on faire en tant que personnes queer sur des questions de racisme, de frontières, de colonialisme, de santé mentale, d’exploitation, de précarité économique, d’enfermement ?
  • Quant à la question stratégique, quels sont les points de jonction entre les luttes réformistes et les luttes révolutionnaires ?
  • Quels sont leurs impacts dans nos différents contextes ? Quelles stratégies de luttes peut-on partager et échanger ?
  • Comment nos identités en croisent d’autres ou comment sont-elles plurielles en chacun.e de nous ?

Comment proposer vos contributions : ateliers, projections, performances ?

Pour proposer des ateliers, des projections, des performances et tout ce qu’on a envie d’imaginer, il suffit de remplir la fiche atelier jointe à la fin de ce document, et de la renvoyer à educpop@ueeh.net.

Pour que vos contributions soient intégrées au programme qui sera mis en ligne début juillet,
veuillez nous faire parvenir vos propositions avant le jeudi 6 juin au soir. Anticiper nous permet de mettre en place les traductions et autres joyeuseries logistiques !
Afin de faciliter le travail de l’équipe traduction et des interprètes, ce serait génial de nous envoyer une trame de l’atelier/discussion/performance, et si vous pouvez la faire traduire par votre entourage c’est encore mieux.

Nous devons vous prévenir que cette année, nous ne pourrons pas nous charger de trouver du matériel pour les ateliers ni d’aller faire des courses.
Nous rappelons aussi qu’il n’y a pas de défraiements possibles pour les personnes proposant des contributions, qu’il s’agisse des ateliers/performances/discussion, des personnes qui aident à l’année ou des membres de l’organisation.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter : educpop@ueeh.net
Belle journée,
L’équipe d’orga des UEEH 2019

Fiches atelier :

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PDF - 35.2 ko


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